Harmonie Magazine review - bt Philippe Gnana (French)

SILHOUETTE
A MAZE
Autoproduction - Pays-Bas - 2007

Il faut bien reconnaître que ce combo hollandais s’est fabriqué un logo fortement réminiscent de celui du Marillion de la première heure. Ça n’en fait pas pour autant un clone ou un disciple de la troupe de Fish. Mais cela donne un indice quant à la musique jouée par ce groupe, à savoir du néo-progressif, mais du néo-progressif à la sauce hollandaise, dans la lignée d’Egdon Heath, Odyssice ou Like Wendy. Pour affiner davantage encore la description, on peut préciser que la musique de Silhouette se veut avant tout mélodique. On a souvent caractérisé le néo-progressif par l’attirance de certains groupes vers l’énergie du hard.  Silhouette s’en éloigne, étant plus attiré par les atmosphères ouatées et mélancoliques. Cela confine parfois même à la pop à tendance discrètement symphonique. A Maze est donc le premier opus de ce groupe
qui s’est réuni il y a 4 à 5 ans, à l’instigation de Jos Uffing, transfuge de Cliffhanger, dont certains membres ont resurgi au sein de Knight Area, avec le succès que l’on sait. Quand on y regarde d’un peu plus près,  on s’aperçoit qu’en réalité il y a trois compositeurs et trois chanteurs à part entière dans ce groupe : Jos Uffing, le batteur, Brian de Graeve, le guitariste et Erik Laan, le claviériste, chacun ayant un style de  composition propre. Jos Uffing représente le versant pop, avec des compositions plus courtes et concises. Erik Laan se situe dans un registre très floydien, The lie empruntant pas mal à Wish you were here alors  que Long distance s’inspire de Comfortably numb. Brian de Graeve est le pôle le plus progressif du groupe avec, à son actif, les compositions les plus longues et les plus alambiquées. Si la voix de Jos Uffing est un tantinet plus  rocailleuse que celle de chacun de ses comparses, l’unité du groupe est préservée et réalisée par le travail sur les sonorités et les arrangements. La musique de Silhouette se polarise donc avant tout sur la dimension mélodique mais il faut bien reconnaître que c’est dans le contexte des compositions les plus amples que cette finesse mélodique s’exprime le mieux. On peut regretter par ailleurs que le groupe n’instille un peu plus de vigueur et de contraste dans sa musique : les mélodies aussi jolies soient-elles, finissent par laisser une vague impression d’uniformité. Un premier essai plus que prometteur.

Philippe Gnana